John Doe annonce pour le mois de mai son prochain jeu, à savoir Patient 13, écrit par Yno. Afin d'en savoir plus sur ce jeu et son auteur, voici une interview de ce dernier.Le Ludiste : Tout d'abord, bonjour. Pourrais-tu te présenter brièvement ?Yno : Bonjour ! Brièvement, ça donne quelque chose comme : Yno. Anthony pour les intimes. 26 ans. Toutes ses dents. De façon un poil plus détaillé, depuis quelques années, j’écris des jeux et des scénarios de ma conception (Patient 13, Le syndrome de Babylone, Reservoir Bats…) ou des adaptations d’œuvres existantes (Resident Evil, Silent Hill, 30 jours de nuit…) que je met très irrégulièrement en ligne sur mon site.
J’ai entre autres participé à la réalisation du Lab.01 où j’ai écrit un jeu (les 13 Reliques) et, plus récemment, j’ai écrit quelques scénarios et factions dans la gamme Vermine. J’ai été contacté par John Doe suite à la première version de Patient 13 qui était alors disponible sur mon site.
Le Ludiste : Patient 13, 13 Reliques...il y a une raison particulière pour cette utilisation répétée du nombre 13 ?Yno : Il y eut une raison lors du processus d’écriture des 13 Reliques. Je souhaitais faire un lien entre les deux jeux avec un personnage « mythique » qui se serait retrouvé dans les deux univers (pour les connaisseurs, Escarre des 13 Reliques s’appelait Morgue au départ, comme le personnage de P13) mais finalement, au cours du développement des 13 Reliques, mon orientation a changé. J’ai trouvé l’idée futile, tenant plus du gadget que d’autre chose et j’ai donc décidé de faire quelque chose de totalement séparé.
Le chiffre en lui-même a cette dualité symbolique de porte-malheur ou de porte-bonheur qui convient pas mal aux concepts du ticket n°13 et des treize Reliques. Et puis, c’est chouette les numéros dans les titres, non ? C’est mystérieux et c’est fashion, la classe quoi.
Le Ludiste : Pourrais-tu nous présenter l'historique de Patient 13 ?Yno : La première version de Patient 13 est sortie en 2001. Ecrit en une dizaine de jours, le jeu ne comportait pas plus d’une quinzaine de pages et présentait brièvement l’hôpital, les personnages qui y vivaient et quelques idées de scénarios possibles. Je n’avais alors pas prévu d’en faire davantage. Sauf que durant les deux années qui suivirent, j’ai régulièrement reçu des demandes pour savoir si j’allais écrire d’autres suppléments et si j’avais des scénarios en réserve. Avec le temps et parallèlement, l’idée fit son chemin et les idées se développèrent dans mon cerveau. En 2003, j’ai donc commencé à développer une nouvelle version qui, 4 ans plus tard, est finalement arrivée à maturité.
Le Ludiste : Comment t'es venue l'idée de ce jeu ?Yno : Avant Patient 13, je n’avais écrit qu’un seul jeu : Reservoir Bats. Je l’écrivais et le mettais en ligne morceau par morceau, chapitre par chapitre, sur la durée. Un jour, frustré par la lenteur de conception de ce premier essai, j’ai eu l’envie inverse, l’envie d’écrire quelque chose de court et d’écrire -un peu prétentieusement- un univers qui sortirait de l’ordinaire, un univers qui soit barré et incisif. Dans cette optique d’écriture dans l’urgence, je me suis concentré sur un lieu unique, un lieu clos. C’était soit une prison, soit un hôpital psychiatrique et ce dernier choix m’a tout de suite accroché car il permettait de mettre en scène des éléments fantastiques de manière plus cohérente qu’avec une prison.
Le Ludiste : Quelles ont été tes principales inspirations pour Patient 13 ?Yno : Si je devais citer les principales sources d’inspirations, elles seraient exclusivement télévisuelles et ça donnerait quelque chose comme L’hôpital et ses fantômes, Oz, Le Prisonnier et Twin Peaks.
Si je devais citer un jeu vidéo, ce serait à coup sûr Silent Hill.
Si je devais citer des films, il y aurait L’armée des 12 singes, L’échelle de Jacob, Le Festin Nu, Cube, Pi et Donnie Darko.
Si je devais citer de la musique – de par l’ambiance qu’ils dégagent et leurs visuels (CD, clips) – Nine Inch Nails et Tool seraient cités en premier.
Et, pour finir, si je devais citer une ribambelle d’auteurs et artistes en tout genre, on aurait le droit à Clive Barker, Philip K. Dick, David Lynch, HP Lovecraft, Lewis Caroll, William S. Burroughs, Dave McKean et Floria Sigismondi.
Le Ludiste : Le thème du jeu est pour le moins original mais qu'est-ce qui, d'après toi, devrait motiver à l'acheter ?Yno : L’envie de lire et de jouer à un jeu qui sorte de l’ordinaire sans pour autant être injouable. Il est certain que, du fait du thème même du jeu, Patient 13 ne pourra pas plaire à tout le monde – c’est un univers « sombre » - mais le point auquel je tiens, c’est qu’il est jouable. Tout est fait pour prendre en main le lecteur/meneur pour ne pas qu’il soit perdu. Il y a des conseils et beaucoup d’idées de scénarios. De même, il peut autant servir à de mini-campagnes, afin de varier les plaisirs par rapport à un jeu plus classique, qu’être joué sur le long terme comme la plupart des jeux de rôles.
Le Ludiste : Certains se souviennent encore avec émotion de la précédente mouture de Patient 13. Quelles sont les principales différences entre les deux versions du jeu ?Yno : Les différences ne sont pas énormes. Les ajouts par contre si. Concernant les différences, il y a eu quelques minimes modifications de contexte (des descriptions et des horaires qui changent légèrement entre les deux versions) et un système de règles tout neuf, plus adapté à l’univers. La première version ciblait les parties solos (1 meneur/1 joueur) alors que dans la nouvelle version, ce postulat est tout simplement devenu une option comme il est possible de le faire avec n’importe quel jeu.
Concernant les ajouts, tout a pris de l’ampleur, l’hôpital est beaucoup plus détaillé – la vie au jour le jour, les différents lieux, les différents personnages qui le fréquentent, les médicaments et les possibilités d’aventures. Le livre contient aussi des conseils de maîtrise et, dans son dernier tiers, propose un exemple de campagne, développé en 13 Séances à la manière d’une série Tv avec son fil rouge, ses sous-intrigues et des épisodes plus ou moins indépendants. Cette petite quinzaine de synopsis détaillés permet de voir ce qu’il est possible de faire en terme de scénarios et de variété et ils sont surtout la meilleure preuve que le jeu peut être joué dans la durée.
Le Ludiste : Au niveau des illustrateurs, j'ai cru voir entendre parler de diverses personnes talentueuses. Pourrais-tu nous en dire plus ?Yno : Tout d’abord,
Matthias Haddad (
son site), entre autre illustrateur pour Nephilim : Initiation, AmnesYa 2K51 et Crimes. Il a réalisé les illustrations des personnages prétirés - des patients hauts en couleur.
Willy « Brain.salad » Favre (
son site) qu’on ne présente presque plus. Le seul mec qui écrit 10 pages en un jour, 1 jeu en un mois, qui trouve le temps d’écrire sur tout pour tous et parvient à faire un paquet d’illustrations pour Patient 13. Il s’est occupé de tous les décors représentant l’hôpital.
Et pour finir, moi-même, qui me suis chargé d’illustrer la plupart des personnages du jeu ainsi que des éléments graphiques « illustratifs » parcourant le livre.
Le Ludiste : Prévois-tu un suivi pour Patient 13 ? Si oui, sous quelle forme ?Yno : Patient 13 s’inscrit dans la continuité de la gamme D.O.A. de John Doe, soit une gamme de jeux complets et stand-alone. Ainsi à la manière de Final Frontier, P13 a été écrit comme un tout en un, un jeu qui se suffit à lui-même d’où, d’ailleurs, la campagne intégrée. Il ne faut jamais dire jamais mais aucune suite n’est donc envisagée pour l’instant.
Le Ludiste : Quels sont tes autres projets ?Yno : P13 fut long à accoucher donc là, tout de suite, j’ai surtout envie de lever le pied, de souffler un peu, de papillonner sur tout et n’importe quoi et de ne surtout pas m’engager dans quelque chose. Dans un futur proche, je pense développer Zénith. Je ne sais pas encore exactement quelle forme ça va prendre mais l’univers devrait essentiellement être composé par des scénarios et mettra en scène une étrange petite ville ensoleillée des Etats-Unis où les personnages incarneront des officiers de police. Toutefois, me connaissant, mes prochains projets pourraient très bien être tout autre, je m’éparpille régulièrement et me laisse guider par l’inspiration.
Merci pour tout, et bon retour à L'hopital !
Les illustrations de l'article sont de Matthias Haddad, fournies par John Doe (merci à eux). L'illustration d'entête est extraite du film Silent Hill de Christophe Gans, édité chez Sony.
En savoir plus :
Le site officiel de John Doe.
Le site d'Yno.
Une critique de Patient 13 sur le ludiste.
La galerie d'images de Patient 13.
Commentaires: 1
Repondre #1 on : mar mai 01, 2007, 22:25:06